Comment devenir un bon Business Angel ?

Le guide de l'investisseur idéal pour les startups


Ces dernières semaines, à Super Capital, nous avons rencontré plusieurs entrepreneurs qui sont devenus des investisseurs "de facto" après avoir vendu leur entreprise. Et ils nous ont tous raconté la même histoire :


"J'ai vendu ma boîte et j'ai ensuite commencé à investir dans plusieurs startups. J'étais un peu trop euphorique. J'ai perdu la totalité de ma mise plusieurs fois. Pourtant, l'entreprise semblait très prometteuse sur le papier et puis certains investisseurs de renom avaient également investi. En fait, j'ai du mal à comprendre ce qu'il faut rechercher avant d'investir dans une startup. A quoi faire confiance ?".


Oui, ce n'est pas parce que vous êtes un bon entrepreneur que vous êtes un bon investisseur dans les startups. Et pour compliquer les choses, il ne suffit pas non plus d'être un bon financier ! Alors quelles sont les compétences que vous devez développer ? Chez Super Capital, nous pensons que pour être un bon Business Angel, il faut avoir une bonne sensibilité au produit et au marketing au sens large, savoir comprendre la force d'un business model, savoir analyser la structure d'un marché et savoir évaluer la capacité du dirigeant à mener le bateau sans qu'il prenne l'eau, à pérenniser l'activité et à convaincre les autres parties prenantes de monter à bord (employés, partenaires, investisseurs...).


Plus concrètement, on nous demande souvent ce que nous recherchons dans une startup avant d'investir. Voici ce qui nous semble essentiel :


1. Forte croissance mensuelle des revenus avec une marge brute qui suit cette croissance.


2. Un modèle commercial clair et établi.


3. Une proposition de valeur très forte et évidente pour les clients (et aussi pour les fournisseurs s'il s'agit d'une plateforme).


4. Un coût d'acquisition du client (CAC) aussi bas que possible, une valeur à vie (LTV) aussi élevée que possible, au moins 3 fois le CAC.


5. Un marché fragmenté, composé d'acteurs vieillissants, peu innovants, peu digitalisés.


6. Une équipe capable d'évoluer, de se remettre en question, d'écouter et de synthétiser des conseils pertinents...


Ce qu'il ne faut pas faire, à notre avis :


1. Investir trop au premier tour (vous devez diversifier vos investissements !)


2. Pensez que vous sortirez facilement dans 3 ans (ce n'est jamais facile, et il faut plutôt penser à 5 à 10 ans...)


3. Confusion entre l'actionnariat et la gestion (vous êtes un actionnaire, pas un cogérant).


4. Investir uniquement parce que tel ou tel investisseur prestigieux investit également (beaucoup de beaux et gros fonds prennent des gamelles monumentales. Cela fait partie du jeu et leur taille leur permet d'absorber une perte de, disons, 500k€.... Pas vous...)


5. Investissez parce que le fondateur vous ressemble, parce que vous vous reconnaissez en lui (nous sommes tous différents et il n'existe pas vraiment de profil type de l'entrepreneur qui réussit. Sur son marché, vous pouvez avoir besoin d'un angle d'attaque différent de celui que vous auriez utilisé. Vous êtes peut-être un manager hiérarchique et lui un adepte de la libre entreprise. Mais les deux fonctionnent...).


6. Investir uniquement parce que ce concept a déjà fonctionné dans un autre pays / secteur / format (ce qui a fonctionné en Suède ou sur le marché de la tomate ne fonctionne pas forcément en France ou sur le marché du melon).


7. Être trop rigide / dogmatique sur vos critères d'investissement. Il serait dommage de manquer la prochaine licorne parce que son MRR actuel est de 9k€ et non de 10k€...


Corentin Orsini - fondateur de Super Capital et ange investisseur


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